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Lors de la conférence de presse du 29 octobre 2026, puis lors de son déplacement à Rouen le 30 octobre, Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, a présenté le dispositif de sécurité mis en place sur tout le territoire ce samedi 31 octobre. 70 000 policiers et gendarmes sont mobilisés pour garantir l’ordre public lors des manifestations autorisées.
Un dispositif exceptionnel sur l’ensemble du territoire
Le dispositif prévu pour le 31 octobre 2026 est exceptionnel en raison du niveau élevé de risque de troubles à l’ordre public, notamment dans le cadre des festivités d’Halloween : il est prévisible que les événements se prolongent tard dans la soirée.
70 000 effectifs sont mobilisés, soit le même nombre que le 24 octobre dernier. L’ensemble des effectifs locaux et des forces mobiles disponibles est engagé. Les services spécialisés (BRI, RAID, GIGN) sont également mobilisés ainsi que des moyens spécifiques : drones, hélicoptères, brigades équestres, unités cynophiles, 26 blindés Centaure de la Gendarmerie nationale et 15 engins lanceurs d’eau.
Les forces sont prépositionnées dans les villes. Des contrôles de flux sont organisés en amont, sur les axes routiers, dans les gares et dans les réseaux ferroviaires, à un niveau supérieur à celui du 24 octobre. Ils sont maintenus toute la journée, sur réquisition des procureurs, avec des fouilles de sacs et la saisie d’éventuelles armes par destination. Les dispositifs de protection des centres-villes et des centres commerciaux périphériques sont reconduits et amplifiés.
Préserver la liberté de manifester
Les préfets ont autorisé les manifestations principalement en dehors des centres-villes où des troubles à l’ordre public ont été constatés ou sont redoutés. À Paris, le conseil d’État a annulé ce jour la décision du tribunal administratif : le parcours allant de la Porte de Bagnolet à la Porte de Charenton est autorisé.
Les rassemblements sont autorisés lorsque les organisateurs ont présenté des garanties suffisantes en matière de sécurité, notamment un service d’ordre capable de prévenir les débordements.
Les décisions ont été prises localement, en fonction des circonstances et des risques identifiés. Les cortèges autorisés seront encadrés et sécurisés jusqu’à leur terme.
Interdire les rassemblements du soir
De nombreux appels à rassemblements pour la soirée du 31 octobre, notamment à partir de 20 heures, circulent sur les réseaux sociaux. Certains messages appellent explicitement à la violence, à la révolution, à l’insurrection, à faire dégénérer les cortèges et à commettre des exactions et des pillages.
Le ministre de l’Intérieur considère que ces appels ne relèvent ni de revendications ni de festivités, mais incitent à commettre des troubles graves. Ces rassemblements sont interdits par les préfets. S’ils ont lieu malgré l’interdiction, ils seront dispersés et pourront donner lieu à des interpellations.
Lors de son déplacement à Rouen, le ministre a rappelé que porter un masque le soir d’Halloween ne pose aucun problème pour les citoyens qui veulent passer une soirée tranquille. En revanche, le caractère festif d’Halloween ne justifie pas de dissimuler son visage en vue de commettre des troubles. Dans l’espace public, la dissimulation du visage sans motif légitime constitue une contravention. Au sein d’une manifestation où des troubles à l’ordre public sont à craindre ou avérés, elle devient un délit, qui peut conduire à une garde à vue. Pour des groupes réunis de manière vindicative et masqués, la qualification de groupement en vue de commettre des violences, voire d’attroupement, peut être retenue.
Une doctrine de fermeté, de réactivité et de mobilité
La doctrine du ministère de l’Intérieur repose sur trois principes : une grande fermeté, une forte réactivité et une mobilité accrue des forces de sécurité intérieure. Aucun débordement ne sera toléré. Les forces ont pour mission de disperser les groupes à risque et, le cas échéant, de les interpeller.
Les unités d’investigation judiciaire sont mobilisées pour traiter les faits en flagrance, sous l’autorité des parquets, avec un traitement judiciaire accéléré, conformément aux instructions de fermeté adressées aux procureurs par le garde des Sceaux. Le ministre a rappelé que 1 435 interpellations ont eu lieu le 24 octobre et a assuré que le dispositif serait déployé partout, sans point faible. Le dispositif vise à empêcher les pillages, pas à s’y résigner. « La réponse apportée aux casseurs, aux pilleurs et à ceux qui appellent à l’insurrection sera ferme et républicaine. »
Depuis le 17 octobre : un lourd tribut pour les forces de l’ordre
Au 29 octobre, on compte 1 193 policiers et gendarmes blessés depuis le début du mouvement. Si les blessures sont souvent légères, certaines ont aussi été extrêmement graves : des policiers ont été hospitalisés et certains évacués inconscients. Les forces ont été confrontées à des agressions particulièrement violentes (jets de pavés, tirs tendus de mortiers, jets de cheminées depuis un toit à Paris). Le ministre rend hommage aux policiers, aux gendarmes, aux sapeurs-pompiers de nouveau mobilisés pendant cette période de congés ainsi qu’aux agents de préfectures.